Un mémorial pour les victimes handicapées du régime nazi et de Vichy, initiée par Charles Gardou

"Peut-on collectivement oublier le destin tragique des enfants, des femmes et des hommes, fragilisés par la maladie et le handicap qui furent exterminés par le régime nazi ou condamnés à mourir par celui de Vichy ?

Se souvient-on que, selon le Tribunal Militaire International, créé en août 1945, 275 000 enfants ou adultes affectés d'une déficience mentale ou physique furent assassinés dans le cadre d'Aktion T4, mis en œuvre par le Troisième Reich ? Ce plan d'extermination fut précédé et accompagné de stérilisations contraintes, pratiquées à partir de l'une des toutes premières législations nazies. Au nom de l' "hygiène raciale", elle fut appliquée à la manière d'une "ordonnance médicale", pour protéger le peuple de la "gangrène ou de la tumeur cancéreuse", que représentaient ceux que l'on jugeait "génétiquement inférieurs".

On estime à 400 000 le nombre des personnes stérilisées entre 1934 et 1945, en incluant celles relevant des territoires annexés par l'Allemagne après 1937 tenus d'appliquer la même loi.

S'y ajoutent les 50 000 personnes internées dans les hôpitaux psychiatriques français, sous le régime de Vichy, mortes par abandon, absence de soin, sous-alimentation et autres maltraitances.
Crimes immondes.

Or, qui se souvient de ces victimes ? Quel acte symbolique a été posé dans notre pays pour perpétuer leur mémoire ? Aucun.
Nous ne pouvons plus l'accepter !

La devise Liberté, Egalité, Fraternité qui donne un socle à notre République,
La raison et l'éthique qui fondent notre citoyenneté,
La vulnérabilité qui nous relie et nous humanise,
Leur fragilité bafouée et persécutée,
Appellent, pour eux comme pour toutes les victimes de la barbarie,
Un devoir de connaissance et de vérité,
Un devoir de témoignage et d'humanité.

Rendons-leur hommage et justice,
Pour que plus jamais cet holocauste ne se reproduise,
Parce que, sous aucun motif, la dignité et la valeur des existences humaines ne
peuvent se hiérarchiser,
Parce que, ni hier ni aujourd'hui, il n'est pas de vies minuscules méritant le mépris et l'oubli.

Demandons au président de la République que notre pays érige, dans un lieu symbolique, un mémorial qui leur soit dédié."

A l’origine de cet appel national 

  • Charles Gardou, professeur à l’Université Lumière Lyon 2, consacre ses travaux et ses engagements nationaux  ou internationaux au handicap
  • Sylvie Guillaume, députée européenne, également adjointe au Maire de Lyon
  • Jean-Marc Maillet-Contoz, lui-même en situation de handicap, directeur d’un magazine et organisateur d’événements sur le handicap
Handicap mental, Handicap psychique, Tous handicaps, Permalien.

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